ATELIER · KASANE
— Philosophie & héritage

Ce qui nous précède

Le kimono est le vêtement qui s'adapte au corps quand tous les autres demandent au corps de s'adapter à eux. C'est cette différence — silencieuse, technique, millénaire — qui fonde l'atelier.

Nous ne produisons pas des vêtements japonais. Nous fabriquons des sur-couches japonaises qui se posent sur les vêtements occidentaux d'une femme, d'un homme, d'une silhouette qui a déjà sa garde-robe. Kasane 重ね : la superposition, l'empilement, l'accord des couches que la cour Heian pratiquait avec le jūnihitoe.

Trois couches, pas douze. Ce que vous portez déjà, plus deux. La ceinture inspirée de l'obi transforme votre robe noire. Le haori se lit comme un manteau habillé. Le michiyuki donne un port à une simple chemise blanche. C'est de la couture japonaise qui rentre dans une garde-robe française sans en effacer le reste.

Une couche extérieure n'a pas besoin d'être ajustée. C'est ce qui rend la pièce transmissible.
Kasane
La superposition,
l'empilement des couches,
l'accord des saisons.
— Cinq figures d'aujourd'hui

Ceux dont nous nous inspirons

Le Japon n'a pas figé le kimono ; il le renouvelle. Voici cinq figures contemporaines dont le travail nourrit l'atelier — chacun sur un axe précis, aucune imitation.

Portrait peint de Murasaki Shikibu à son écritoire, par Tosa Mitsuoki
Tosa Mitsuoki · domaine public
Murasaki Shikibu
紫式部
Cour de Heian · v. 973 – v. 1014 · L'origine du nom

Dame de la cour de Heian, elle écrit le Dit du Genji. On y lit, page après page, comment se jugeait une femme : non sur une couleur, mais sur l'accord de ses couches. Le kasane no irome vient de ces descriptions. C'est d'elle que nous tenons notre nom — et l'idée qu'une teinte peut n'être portée par aucune étoffe, mais naître de leur superposition.

Portrait photographique en noir et blanc de Kanō Jigorō
Photographie ancienne · domaine public
Kanō Jigorō
嘉納治五郎
Kōdōkan · 1860 – 1938 · La preuve par le corps

Fondateur du judo, il met au point au début du XXᵉ siècle le vêtement d'entraînement épaissi qui deviendra le judogi — une adaptation directe du kimono. Manche montée sur couture droite, aucune fermeture rigide, ceinture qui se noue au lieu de serrer. Il démontre par l'usage ce que nous affirmons : cette coupe tient sur un corps en effort. Le vêtement n'a pas été pensé pour une vitrine.

Portrait photographique de Sōetsu Yanagi
Shigeru Tamura · domaine public
Sōetsu Yanagi
柳宗悦
Mouvement mingei · 1889 – 1961 · Le beau n'est pas l'exception

Fondateur du mouvement mingei, il soutient que la beauté n'appartient pas aux pièces d'exception mais aux objets faits pour servir, souvent par des mains restées anonymes. C'est l'argument contre le vêtement-vitrine, et c'est le nôtre : une pièce se porte, se répare, et se transmet. Ce qui n'est pas utilisé n'a pas été réussi.

Portrait photographique de Keisuke Serizawa
Shigeru Tamura · domaine public
Keisuke Serizawa
芹沢銈介
Katazome · 1895 – 1984 · Le motif est une technique

Maître de la teinture au pochoir, désigné Trésor national vivant. Chez lui le décor n'est jamais posé sur l'étoffe : il naît du procédé même qui la teint. Nous cherchons exactement cela — que la couture d'or soit une reprise et non un ornement, que ce qui se voit soit ce qui tient.

Portrait photographique de Kimura Uzan
Photographie ancienne · domaine public
Kimura Uzan
木村雨山
Yūzen de Kanazawa · 1891 – 1977 · La lenteur comme méthode

Teinturier de Kanazawa, désigné Trésor national vivant pour le yūzen. Une pièce demandait des mois : dessin, réserve, teinture, lavage, reprise. Rien dans ce procédé ne peut être accéléré sans être perdu. C'est le seul argument que nous opposons à la série — non que nous refusions la vitesse, mais que le résultat n'existe pas sans le temps.

Nous ne les imitons pas. Nous nous tenons dans la conversation qu'ils ont ouverte.

MAQUETTE — produits, prix et photos fictifs, fournis pour juger la mise en page uniquement. Aucune pièce présentée ici n'existe.